Chômage et micro-entreprise : cumuler l'ARE avec tes revenus, ou choisir l'ARCE

Tu peux créer ton activité sans perdre tout ton allocation chômage. Les deux options, la formule du cumul, l'ARCE versée en capital et les démarches à faire avant de te lancer.

L'essentiel

  • Tu peux créer ton entreprise sans perdre tout ton allocation (l'ARE) : deux options, qui s'excluent.
  • Option 1, le cumul : chaque mois, ton ARE est réduite de 70 % de tes revenus d'activité. En micro-entreprise, le revenu retenu est ton chiffre d'affaires après abattement : 71 % en vente, 50 % en prestations de services, 34 % en profession libérale.
  • Option 2, l'ARCE : un capital égal à 60 % de tes droits restants (moins 3 % pour la retraite complémentaire), versé en deux fois. Elle suppose d'avoir obtenu l'ACRE.
  • Inscris-toi à France Travail avant de créer ton entreprise : la date retenue est celle du début d'activité ou, à défaut, de l'immatriculation.
  • Le cumul est plafonné : au salaire mensuel moyen qui a servi à calculer ton ARE, et, pour les ARE ouvertes après une fin de contrat ou un licenciement engagé à partir du 1er avril 2025, à 60 % de tes droits restants.

1. Les deux options

Selon la fiche de service-public « Peut-on créer une entreprise et continuer à percevoir des allocations chômage ? » (vérifiée le 29 septembre 2026) et les pages de France Travail, un demandeur d'emploi qui crée une entreprise peut soit cumuler chaque mois une partie de son ARE avec ses revenus d'activité, soit demander l'ARCE, un capital. Les deux options ne se cumulent pas.

Le résultat dépend de ta date de fin de contrat, de tes droits restants et de ton activité : c'est France Travail qui fait foi. Contacte ton conseiller dès que ton projet est assez formalisé. Les estimations de France Travail n'ont aucun caractère contractuel.

2. Option 1 : cumuler l'ARE et tes revenus

La formule de France Travail : montant de ton ARE mensuelle moins 70 % de tes revenus d'activité. Pour un micro-entrepreneur, le revenu retenu est le chiffre d'affaires après abattement pour frais professionnels : 71 % pour la vente, 50 % pour les prestations de services et les locations meublées, 34 % pour les bénéfices non commerciaux.

Exemple illustratif (chiffres inventés) : une ARE de 1 200 € pour le mois et 1 000 € de chiffre d'affaires en prestations de services. Revenu retenu : 1 000 € après un abattement de 50 %, soit 500 €. Réduction : 70 % de 500 €, soit 350 €. Il te reste 1 200 − 350 = 850 € d'ARE ce mois-là.

Deux plafonds s'appliquent. D'abord, le cumul de ton allocation et de tes revenus ne peut pas dépasser le salaire mensuel moyen brut qui a servi à calculer ton ARE. Ensuite, pour les ARE ouvertes après une fin de contrat ou une procédure de licenciement engagée à compter du 1er avril 2025, le cumul est possible dans la limite de 60 % de tes droits restants à la date de démarrage de l'activité.

Une fois ce plafond de 60 % atteint, la poursuite de l'ARE n'est possible qu'à titre exceptionnel : tu peux la demander à l'instance paritaire régionale (IPR) si tu n'as tiré aucun revenu de l'activité, dividendes compris, et si tu continues réellement l'activité. La demande doit être faite dans les 6 mois suivant le mois où le plafond a été atteint.

3. Option 2 : l'ARCE, en capital

L'ARCE verse un capital égal à 60 % des droits à l'ARE qu'il te reste, après déduction de 3 % de participation aux retraites complémentaires. Elle est versée en deux fois : 50 % à la date de création, et les 50 % restants six mois plus tard si tu exerces toujours ton activité et que tu n'es pas en CDI à temps plein.

Deux points à ne pas rater. Tu dois obligatoirement obtenir l'ACRE à la création de ton entreprise, et depuis 2026 elle n'est plus automatique (voir notre guide sur l'ACRE). Et l'ARCE est imposable à l'impôt sur le revenu, dans la catégorie des traitements et salaires : à anticiper dans ton budget.

4. Si ton activité a démarré avant la fin de ton contrat

Si tu avais déjà lancé ton activité non salariée avant la fin de ton emploi (on parle d'« activité conservée »), tu peux cumuler l'intégralité de tes rémunérations avec ton ARE, mais tu ne peux pas recevoir l'ARCE. Les conditions exactes dépendent de ton dossier : vérifie-les avec France Travail.

5. Les démarches, dans l'ordre

  1. Inscris-toi à France Travail et dépose ta demande d'allocation avant de créer ton entreprise : France Travail précise de ne pas la créer avant de t'inscrire. La date retenue est celle du début d'activité ou, à défaut, de l'immatriculation.
  2. Pendant un préavis, un congé de reclassement ou un congé de mobilité, les démarches préparatoires ne sont pas considérées comme une création ou une reprise d'entreprise.
  3. Relis la clause de non-concurrence de ton ancien contrat : elle doit être limitée dans le temps et dans l'espace, viser une activité précise et être rémunérée. Tu ne peux pas créer une entreprise concurrente de celle de ton ancien employeur, mais une activité dans un autre domaine reste possible.
  4. Choisis entre le cumul et l'ARCE avec ton conseiller France Travail.
  5. Si tu y as droit, demande l'ACRE à l'URSSAF dans les 60 jours suivant le début d'activité (c'est obligatoire pour obtenir l'ARCE).
  6. Déclare ton chiffre d'affaires à l'URSSAF (chaque mois, ou chaque trimestre sur demande) et transmets tes justificatifs de revenus à France Travail : chaque année, ou chaque trimestre si tu es micro-entrepreneur et que tu le souhaites.

6. Paiements provisoires, avances et impôts

Tant que tes revenus ne sont pas connus, France Travail verse un paiement provisoire correspondant à 70 % de ton allocation mensuelle. Quand ils sont connus, une avance de 80 % peut être versée, à condition de transmettre tes justificatifs avant la fin du mois qui suit la période actualisée ; sinon, l'avance est intégralement récupérée sur tes paiements suivants.

L'ARE est imposable. Un micro-entrepreneur inscrit à France Travail paie aussi la CSG et la CRDS sur l'ARE qu'il perçoit.

Les erreurs à éviter

  • Créer l'entreprise avant de t'inscrire à France Travail.
  • Choisir l'ARCE sans avoir obtenu l'ACRE, ou sans avoir comparé avec le cumul sur ta situation réelle.
  • Oublier d'envoyer tes justificatifs de revenus à temps : l'avance de 80 % est alors récupérée.
  • Ne pas relire la clause de non-concurrence de ton ancien contrat.
  • Oublier que l'ARCE est imposable.

Où le faire : les sites officiels

Questions fréquentes

Puis-je cumuler l'ARE et une micro-entreprise ?

Oui : tu conserves une partie de ton allocation, réduite de 70 % de tes revenus d'activité. Pour un micro-entrepreneur, ces revenus sont le chiffre d'affaires après abattement (71 % en vente, 50 % en prestations de services, 34 % en profession libérale). Le cumul est plafonné.

Puis-je cumuler l'ARE et l'ARCE ?

Non. Les deux options s'excluent : l'ARCE est un capital qui remplace le maintien mensuel de l'ARE. Si ton activité a démarré avant la fin de ton contrat (activité conservée), tu cumules l'ARE avec tes revenus, mais tu ne peux pas recevoir l'ARCE.

L'ARCE est-elle automatique ?

Non. Tu dois avoir obtenu l'ACRE à la création de ton entreprise, et le second versement n'est fait que si tu exerces toujours ton activité et que tu n'es pas en CDI à temps plein. Depuis 2026, l'ACRE elle-même n'est plus automatique : il faut remplir l'une des situations fixées par l'URSSAF et la demander dans les 60 jours.

Que se passe-t-il si je n'ai pas encore de revenus ?

Si tes revenus sont indéterminés, France Travail verse un paiement provisoire correspondant à 70 % de ton allocation mensuelle, régularisé ensuite avec tes justificatifs. Pour savoir où tu en es, ton conseiller France Travail est le mieux placé.