Micro-entreprise : comment calculer tes cotisations et ce qu'il te reste vraiment
Le taux de cotisations s'applique sur ton chiffre d'affaires encaissé, pas sur ton bénéfice — voici comment ça marche vraiment, barèmes 2026 à l'appui.
Le principe : un taux sur le CA encaissé, pas sur le bénéfice
C'est la première chose à comprendre en micro-entreprise : tes cotisations sociales ne sont pas calculées sur ce qu'il te reste après charges, mais sur la totalité de ton chiffre d'affaires encaissé. Si tu factures 1 000 € et que tu as eu 200 € de frais, tu cotises quand même sur les 1 000 €.
En contrepartie, tu n'as aucune charge fixe à payer si tu n'encaisses rien : pas de CA, pas de cotisations. C'est ce qui rend le régime simple, mais ça veut dire que le taux appliqué doit être bien compris avant de fixer tes prix.
Les taux 2026 selon ton activité
- Vente de marchandises : 12,3 % du CA encaissé
- Prestations de services (BIC) : 21,2 % du CA encaissé
- Profession libérale réglementée, rattachée à la CIPAV : 23,2 % du CA encaissé
- Profession libérale non réglementée : 25,6 % du CA encaissé
L'ACRE, pour la première année
Si tu bénéficies de l'ACRE (aide à la création ou reprise d'entreprise), ton taux de cotisations est réduit pendant les périodes concernées — jusqu'à la fin du troisième trimestre civil qui suit le début de ton activité. La réduction est de 50 % pour une activité débutée avant le 1er juillet 2026 (un service à 21,2 % passe alors à environ 10,6 %) et de 25 % à partir du 1er juillet 2026 (21,2 % passe à environ 15,9 %). Toutes les créations d'entreprise n'y ont pas droit automatiquement : vérifie ton éligibilité sur ton espace URSSAF au moment de l'immatriculation.
Le versement libératoire de l'impôt sur le revenu (optionnel)
En plus des cotisations sociales, tu peux opter pour le versement libératoire de l'IR : un pourcentage additionnel de ton CA (1 % en vente, 1,7 % en BIC service, 2,2 % en libéral), prélevé en même temps que tes cotisations, qui solde définitivement ton impôt sur ce revenu-là. Il est réservé aux foyers dont le revenu fiscal de référence ne dépasse pas 29 315 € par part (donc au plus la tranche à 11 %). L'intérêt dépend de ta situation : souvent avantageux à 11 %, mais pas si ton foyer n'est pas imposé, puisque tu paierais alors un impôt que tu n'aurais pas eu autrement.
Exemple chiffré
Un développeur freelance (profession libérale non réglementée) encaisse 4 000 € sur un mois : 4 000 × 25,6 % = 1 024 € de cotisations URSSAF à provisionner. S'il a opté pour le versement libératoire, il ajoute 4 000 × 2,2 % = 88 € d'impôt. Il lui reste, une fois tout provisionné, environ 2 888 €. Un artisan ou un commerçant en prestations de services BIC paierait 21,2 % (848 €) au lieu de 25,6 %.
Les deux seuils à surveiller
Deux plafonds encadrent la micro-entreprise, et ils sont différents l'un de l'autre : le seuil de franchise en base de TVA (au-delà, la TVA devient obligatoire : tu la factures à tes clients, tu la déclares et tu la reverses — voir notre article dédié) et le plafond de chiffre d'affaires du régime lui-même (dépassé deux années de suite, tu bascules au régime réel). Pour les prestations de services, ces seuils sont respectivement 37 500 € et 83 600 € ; pour la vente de marchandises, 85 000 € et 203 100 €.
Le piège classique : le seuil de TVA est atteint bien avant le plafond du régime. Beaucoup de micro-entrepreneurs en services découvrent qu'ils doivent facturer la TVA dès 37 500 € de CA, alors qu'ils se croyaient tranquilles jusqu'à 83 600 €. Comtivah suit ton CA de l'année et te prévient avant les deux seuils.