Micro-entreprise, EI, EURL, SASU : quel statut choisir pour se lancer ?
Chaque statut a ses propres règles de cotisations, de fiscalité et de formalités — voici ce qui change concrètement entre les quatre, pour t'aider à choisir le tien.
Micro-entreprise : la simplicité, avec des plafonds
Pas de comptabilité complexe, pas de TVA tant que tu restes sous le seuil de franchise (37 500 € en service, 85 000 € en vente — au-delà, la TVA devient obligatoire), des cotisations calculées automatiquement sur ton CA encaissé. C'est le statut le plus simple pour démarrer et tester une activité. Sa limite : si ton chiffre d'affaires dépasse deux années de suite le plafond du régime (83 600 € en service, 203 100 € en vente), tu dois basculer vers un autre régime — et tes charges professionnelles ne sont jamais déduites de l'assiette de tes cotisations.
EI au réel : pour déduire tes vraies charges
L'entreprise individuelle au régime réel fonctionne différemment : tes cotisations sociales (environ 30 à 31 % du bénéfice, soit 45 % de ce qu'il te reste — pas du CA) et ton impôt sur le revenu sont calculés sur ton bénéfice réel — CA moins charges déductibles. Si tu as des charges professionnelles importantes (matériel, local, sous-traitance), ce régime peut te laisser plus net que la micro-entreprise, malgré un taux de cotisation plus élevé en apparence.
EURL et SASU : une société, pour se protéger et arbitrer
EURL et SASU sont des sociétés unipersonnelles : ton patrimoine personnel est mieux protégé qu'en nom propre, et tu peux choisir de te verser une rémunération, des dividendes, ou un mix des deux — un vrai levier d'optimisation une fois que l'activité est stable.
La différence entre les deux tient surtout au régime social du dirigeant : en EURL, le gérant majoritaire est travailleur non salarié (TNS, cotisations autour de 45 % de sa rémunération, moins protecteur mais moins cher) ; en SASU, le président est assimilé salarié (cotisations autour de 80 % du net versé, plus protecteur — chômage exclu — mais plus cher). Les dividendes, eux, sont soumis à la flat tax de 31,4 % dans les deux cas ; en EURL, la part qui dépasse 10 % du capital social est en plus requalifiée en rémunération et soumise à cotisations.
Ce qui ne se voit pas dans les chiffres
Le statut le plus avantageux sur le papier n'est pas toujours le bon choix : la société impose une comptabilité en partie double, des formalités de constitution et de dissolution, et un formalisme (assemblées, dépôt des comptes) que la micro-entreprise et l'EI n'ont pas. À l'inverse, le statut TNS ou assimilé salarié change ta couverture retraite et chômage sur le long terme — un paramètre qu'aucun comparateur de charges ne calcule à ta place.
Comparer sur ton propre chiffre d'affaires
Les taux ci-dessus donnent une idée, mais le classement entre statuts dépend fortement de ton CA et de tes charges réelles. Le simulateur de Comtivah applique ces mêmes règles à tes chiffres pour te montrer, statut par statut, ce qu'il te resterait vraiment.