Créer une SASU en 2026 : les étapes, les frais réels et ce qu'il faut savoir avant de se lancer

Statuts, capital, annonce légale, guichet unique, Kbis : l'ordre exact des démarches, ce que ça coûte vraiment et ce que le président de SASU doit savoir de sa protection sociale.

L'essentiel

  • Une SASU (société par actions simplifiée unipersonnelle) a un seul associé et un président, qui peut être l'associé lui-même.
  • Le capital est libre : il n'y a pas de minimum légal (1 € suffit juridiquement). Au moins la moitié des apports en numéraire doit être versée à la création, le reste dans les 5 ans.
  • Le passage obligé : statuts, dépôt du capital, annonce légale, puis dossier d'immatriculation sur le guichet unique (formalites.entreprises.gouv.fr).
  • Compte environ 200 € de frais incompressibles (annonce légale, greffe, déclaration des bénéficiaires effectifs), hors rédaction des statuts et hors comptable.
  • Le président est assimilé salarié : s'il ne se verse pas de rémunération, il ne paie pas de cotisations, mais ne se constitue pas non plus de droits à la retraite ni aux indemnités journalières, et n'a pas droit au chômage.

1. Ce qu'est une SASU, en deux phrases

C'est une société commerciale à responsabilité limitée à tes apports : ton patrimoine personnel n'est pas touché par les dettes de la société (sauf faute de gestion ou caution que tu aurais signée). La société paie l'impôt sur les sociétés sur son bénéfice ; toi, tu es payé en rémunération (salaire du président), en dividendes, ou les deux.

Contrairement à la micro-entreprise, la société tient une vraie comptabilité, dépose ses comptes chaque année et ne confond jamais son argent avec le tien. Ce n'est pas un statut « sans contrainte » : lis d'abord le guide « Micro-entreprise ou société » si tu hésites encore.

2. Les étapes, dans l'ordre

Compte quelques jours à deux semaines entre le premier dépôt et l'extrait Kbis, selon la complétude du dossier et le greffe concerné.

  1. Choisis la dénomination, l'objet social (ce que fait la société, rédigé assez large pour ne pas avoir à modifier les statuts à chaque nouveau service), l'adresse du siège et la date de clôture du premier exercice.
  2. Rédige les statuts (modèle, logiciel de création ou professionnel du droit). C'est le document fondateur : ils fixent la rémunération du président, les règles de décision et la durée de la société (99 ans au maximum).
  3. Dépose le capital sur un compte bloqué au nom de la société en formation (banque, notaire ou Caisse des dépôts) et récupère l'attestation de dépôt.
  4. Publie l'avis de constitution dans un journal d'annonces légales (JAL) habilité dans le département du siège, et garde l'attestation de parution.
  5. Dépose le dossier en ligne sur le guichet unique : statuts signés, attestation de dépôt des fonds, attestation de parution, pièces d'identité et justificatif du siège, déclaration de non-condamnation, déclaration des bénéficiaires effectifs.
  6. Règle les frais au dépôt. Tu reçois le Kbis, le SIREN et le SIRET ; ouvre alors le compte bancaire définitif de la société.

3. Ce que ça coûte vraiment

Les frais obligatoires, en ordre de grandeur pour 2026 : l'annonce légale (tarif réglementé, de l'ordre de 150 € selon le département et le support), les frais de greffe pour une société commerciale (une trentaine d'euros) et la déclaration des bénéficiaires effectifs (une vingtaine d'euros). Le total incompressible tourne autour de 200 €. Le guichet unique affiche le montant exact avant paiement : vérifie-le toujours avant de valider.

À cela s'ajoutent des frais facultatifs : la rédaction des statuts par un professionnel (de quelques centaines d'euros), un accompagnement à la création, et surtout le comptable (compte un abonnement mensuel, car la comptabilité d'une société ne s'improvise pas). Un commissaire aux apports n'est obligatoire que si tu apportes autre chose que de l'argent pour plus de 30 000 € ou plus de la moitié du capital.

Les sites payants qui « font la démarche pour toi » facturent leur service : le guichet unique de l'INPI, lui, ne prend pas d'honoraires de dépôt.

4. Le capital : combien et comment le verser

  • Il n'existe pas de minimum légal. Un capital très faible rassure moins une banque ou un client : choisis un montant cohérent avec ton activité et tes besoins de trésorerie.
  • À la création, au moins 50 % des apports en numéraire doivent être libérés, le solde dans un délai maximal de 5 ans à compter de l'immatriculation.
  • Tant que le capital n'est pas entièrement libéré, la société ne peut pas profiter du taux réduit d'impôt sur les sociétés à 15 % : libère-le en totalité si tu vises ce taux.

5. Ta protection sociale de président

Le président de SASU est assimilé salarié : il relève du régime général de la Sécurité sociale pour la maladie et la retraite, mais il ne cotise pas à l'assurance chômage et n'a, en principe, droit à aucune allocation à la fin de son mandat (une allocation des travailleurs indépendants existe dans des cas limités, comme la liquidation judiciaire).

Il n'a aucune obligation de se rémunérer, mais attention à ce que cela implique : sans rémunération, pas de cotisations, donc pas de trimestres de retraite validés ni d'indemnités journalières. Des dividendes seuls ne créent pas de droits sociaux. Beaucoup de présidents se versent un salaire minimal pour valider des trimestres ; c'est un arbitrage à chiffrer avec ton comptable.

6. Les dividendes, en bref

La société paie d'abord l'impôt sur les sociétés : 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice (si les conditions du taux réduit sont réunies, dont le capital entièrement libéré), 25 % au-delà. Tu peux ensuite te verser des dividendes sur les bénéfices distribuables, après décision de l'associé unique.

Le dividende est imposé à la flat tax de 31,4 % en 2026 (12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux), ou, sur option globale, au barème progressif avec un abattement de 40 %. Comtivah calcule ces montants dans « Statut & charges », mais le choix de te payer en salaire ou en dividendes mérite l'avis d'un professionnel.

7. Après le Kbis

  • Ouvre le compte bancaire de la société et n'y mélange jamais de dépenses personnelles.
  • Choisis ton régime de TVA (franchise en base possible sous les seuils) et ouvre ton espace professionnel sur impots.gouv.fr.
  • Souscris les assurances utiles (responsabilité civile professionnelle selon ton activité) et pense à la CFE (exonérée l'année de création).
  • Fais tenir la comptabilité, approuve les comptes dans les 6 mois suivant la clôture de l'exercice et dépose-les au greffe : le président de SASU a ces obligations chaque année.
  • Facture avec les mentions d'une société : forme juridique, capital, RCS, numéro de TVA le cas échéant. Comtivah les ajoute dès que tu les renseignes dans Compte.

Les erreurs à éviter

  • Payer un prestataire pour une formalité que le guichet unique prend en charge sans honoraires de dépôt.
  • Ne pas libérer au moins la moitié du capital en numéraire à la création.
  • Oublier que sans rémunération, le président ne se constitue ni retraite ni indemnités journalières.
  • Mélanger l'argent de la société et l'argent personnel : risque comptable et fiscal.
  • Sous-estimer la comptabilité et les obligations annuelles (comptes, dépôt au greffe, déclarations).

Où le faire : les sites officiels

Questions fréquentes

Peut-on créer une SASU avec 1 € de capital ?

Oui, juridiquement : la loi ne fixe pas de minimum. En pratique, un capital trop faible gêne l'ouverture d'un compte, un financement ou la confiance d'un client. Choisis un montant cohérent avec ton activité.

Combien de temps faut-il pour créer une SASU ?

Compte de quelques jours à environ deux semaines entre le dépôt d'un dossier complet et le Kbis, plus le temps de préparer les statuts et le dépôt du capital. Un dossier incomplet allonge le délai.

Une SASU peut-elle être domiciliée chez moi ?

Souvent oui, tant que ni ton bail, ni le règlement de copropriété ne l'interdisent. Vérifie ces documents avant de choisir ton adresse de siège, ou prends une domiciliation commerciale.

Le président de SASU a-t-il droit au chômage ?

En principe non : il ne cotise pas à l'assurance chômage. Une allocation des travailleurs indépendants peut être versée dans des cas limités. Vérifie ta situation précise auprès de France Travail avant de te lancer.

Comtivah gère-t-il la comptabilité de ma SASU ?

Non. Il t'aide à facturer, suivre tes encaissements, tes notes de frais et préparer ta TVA, et tu peux partager un accès à ton comptable. La tenue des comptes et le bilan restent l'affaire d'un expert-comptable ou d'un logiciel de comptabilité.