Micro-entreprise ou société : quand passer en EURL ou SASU, et comment s'y prendre
Les plafonds, les vrais signaux qui justifient de changer, ce qui change en cotisations et en démarches, et comment faire la transition sans casser ton activité.
L'essentiel
- Plafonds 2026 de la micro-entreprise : 83 600 € en services, 203 100 € en vente. Tu sors du régime après deux années consécutives au-dessus du plafond.
- Protéger ton patrimoine n'est plus une raison de créer une société : depuis le 15 mai 2022, l'entrepreneur individuel (micro-entrepreneur compris) a automatiquement un patrimoine professionnel séparé du personnel.
- Les bonnes raisons de changer : des charges réelles élevées, un chiffre d'affaires proche du plafond, un besoin d'associés ou d'investisseurs, ou un projet de rémunération en dividendes.
- EURL : le gérant associé unique est travailleur non salarié (TNS). SASU : le président est assimilé salarié (protection proche du régime général, cotisations plus lourdes sur la rémunération).
- Une société a un coût réel : comptable, bilan annuel, formalités. Compare avec tes chiffres, pas avec ceux d'un autre.
Ce que tu peux garder en micro
La micro-entreprise reste imbattable pour sa simplicité : un livre des recettes, une déclaration de chiffre d'affaires à l'URSSAF, des cotisations proportionnelles à ce que tu encaisses (rien si tu n'encaisses rien), une comptabilité réduite au minimum. Elle devient moins intéressante quand tu as beaucoup de charges, car l'abattement forfaitaire remplace tes dépenses réelles.
Les signaux qui justifient de regarder une société
- Tes charges réelles (matériel, sous-traitance, loyers, déplacements) dépassent nettement l'abattement forfaitaire de ton activité : en société ou au réel, elles se déduisent.
- Ton chiffre d'affaires approche du plafond de 83 600 € (services) ou 203 100 € (vente) deux années de suite.
- Tu veux t'associer, lever des fonds, ou rassurer de gros clients qui préfèrent une société.
- Tu n'as pas besoin de tout te verser : une société permet de garder du résultat dans l'entreprise et de choisir entre salaire et dividendes.
- Tu veux une protection sociale de type salarié (SASU).
Plafonds : ce qui se passe quand tu les dépasses
Si tu dépasses le plafond une seule année, tu restes en micro l'année suivante. Si tu le dépasses deux années consécutives (N-2 et N-1), tu quittes le régime micro au 1er janvier de l'année suivante (N) et passes au régime réel ou à la déclaration contrôlée. Mieux vaut anticiper que découvrir la bascule en janvier.
EURL ou SASU : l'essentiel
Le bon choix dépend de tes chiffres, de ta situation familiale et de tes projets. Le comparateur de statuts de Comtivah chiffre les cotisations, l'impôt et ce qu'il te reste dans chaque cas ; un expert-comptable confirmera avant que tu signes.
- EURL : le gérant associé unique est TNS, affilié à la Sécurité sociale des indépendants ; des cotisations minimales sont dues même sans rémunération.
- SASU : le président est assimilé salarié et relève du régime général ; les cotisations sont plus élevées sur la rémunération, mais la protection est proche de celle d'un salarié. Il n'y a pas d'allocation chômage propre au dirigeant.
- Dans les deux cas : de l'impôt sur les sociétés ou, sous conditions, l'impôt sur le revenu (option), et le choix entre rémunération et dividendes.
Comment faire la transition
- Chiffre ton cas avec le comparateur de statuts, puis valide avec un expert-comptable.
- Rédige les statuts, dépose le capital et publie l'annonce légale, puis immatricule la société sur le guichet unique (formalites.entreprises.gouv.fr).
- Ouvre un compte bancaire professionnel au nom de la société et fais le point sur tes assurances.
- Déclare la cessation de ton activité de micro-entrepreneur au guichet unique, une fois la société opérationnelle, et fais ta dernière déclaration à l'URSSAF.
- Informe tes clients : nouveau nom, nouveau SIREN, nouvelles coordonnées bancaires, et émets désormais tes factures au nom de la société.
Dans Comtivah
Le changement de statut se fait dans Statut & charges (fonction Pro) : Comtivah vérifie ton entreprise au répertoire officiel avant de basculer, et conserve toutes tes factures et ton historique. Les factures déjà émises gardent l'identité de l'émetteur au moment de leur émission.
Les erreurs à éviter
- Créer une société pour « protéger son patrimoine » alors que l'EI le fait déjà depuis 2022.
- Comparer les statuts sur le chiffre d'affaires plutôt que sur le résultat réel après charges.
- Oublier de clôturer l'activité de micro-entrepreneur, et continuer de cotiser en double.
- Attendre le dépassement du plafond pour s'en préoccuper.
- Ne pas prévoir le coût de la comptabilité d'une société dans ses calculs.
Où le faire : les sites officiels
- economie.gouv.fr — vos obligations de micro-entrepreneur
- entreprendre.service-public.gouv.fr — séparation des patrimoines de l'entrepreneur individuel
- Guichet unique des formalités d'entreprises
- URSSAF — choisir sa forme juridique et son régime social
Questions fréquentes
À partir de quel chiffre d'affaires faut-il passer en société ?
Il n'y a pas de seuil obligatoire en dessous des plafonds de la micro-entreprise. Au-delà de deux années consécutives au-dessus de 83 600 € (services) ou 203 100 € (vente), tu quittes le régime micro, mais tu peux rester entrepreneur individuel au réel sans créer de société.
EURL ou SASU ?
L'EURL (gérant TNS) coûte moins en cotisations mais protège moins ; la SASU (président assimilé salarié) coûte plus mais protège davantage. Le comparateur de statuts de Comtivah chiffre les deux avec tes données.
Est-ce que je perds mes factures et mon historique si je change de statut ?
Non : dans Comtivah tes données restent conservées. Les factures déjà émises gardent l'identité de l'émetteur au moment de leur émission, et les prochaines sont établies au nom de la société.
Puis-je faire marche arrière ?
Une société peut être dissoute et tu peux recréer une micro-entreprise, mais chaque changement a des coûts et des délais. Réfléchis à deux ans, pas à deux mois.